Partager l'article ! CHAEK: Interview sur Rocknfrance : http://www.rocknfrance.free.fr/chronique-album.php?id_album=11076 ...
Chaek et sa Madame Araignée ne vont pas tarder à attirer leurs proies dans cette toile si belle qui donne un souffle nouveau au rock français.
Chaek et Rémi ont joué au jeu de l'interview pour Rock'n'France.
-QUI EST CHAEK, UN ARTISTE OU UN GROUPE ?
C: Un artiste avant tout c'est également mon prénom avec la différence orthographique qui indique le voyage de l'individu au groupe.
R: C'est aussi au fil des concerts, un groupe qui affirme son évidence à travers ce personnage: ”Petit frère”.
C: Il y a un coté ”croisée des chemins” qui n'est pas sans semer le doute, au début c'était un peu déroutant, un peu lourd à porter, mais au final ce ”Chaek” m'est devenu familier, c'est la scène qui m'a permis de le re-découvrir !
-COMMENT VOUS DEFINIRIEZ VOUS ?
C: Un cérébral enragé... Un torturé qui cherche la paix... Un rêveur qui ne veut pas dormir...
-COMMENT ETES VOUS VENUS A LA MUSIQUE ?
C: Je suis tombé dedans tout p'tit, avec une maman fan de musique soul, de Blues, et de Jimi Hendrix...
C'est d'ailleurs en écoutant 'Are you experienced' vers 10 ans que j'ai compris que la zique prendrais toute la place dans ma vie d'humain.
La suite c'est un grand classique : première gratte vers 13 ans, premier groupe de rock au collège, premier concert dans un cinéma à 16ans,
et en lieu et place des épreuves du bac, une première tournée comme bassiste avec 'les coyotes'...
-POUVEZ VOUS NOUS FAIRE UN PETIT HISTORIQUE DE CHAEK ?
C: C'est la rencontre avec l'ami Rémi Karnauch qui a tout déclenché. En 2002 je bossais comme ingé son dans un studio en Normandie et Rémi s'est pointé avec des textes sous le bras, on a commencé à maquetter avec des potes qui gravitaient autour du sud, quelques scènes par ci par là, et en 2003 à la suite de séances d'enregistrements avec Uzgin üver (un groupe Hongrois), une invitation à jouer au Sziget Festival. On s'est organisé une tournée là bas, il y a eu un bon, très bon feeling et j'ai décidé de m'y installer quelques temps, seul, histoire d'y peaufiner un album ('de l'extérieur') et jouer, jouer, jouer un peu partout en Europe accompagné par des musiciens rencontrés sur place, des premières parties notamment de 'No One', aux caf conç en passant par une multitude de bistrots. En 2004 je me suis fait brancher par beaucoup de monde en particulier Radio Néo qui a rentré le titre « à l'intérieur » sur la première compil et « si on arrêtait d'écouter de la soupe » dans la foulée j'ai signé avec une boite de prod française qui m'a collé au placard (un grand classique...) après m'avoir fait enregistrer des titres ”variet à souhait” (encore un grand classique...). C'est à ce moment que j'ai rencontré Jeremy et Idrissa-Flo (batterie & basse), ça a fonctionné de suite, un déclic, l'univers s'est précisé, on a défini nos attentes, on s'est bousculé, du coup on a décidé de se prendre en main : réparer le vieux fourgon merco, repartir sur les routes avec des étapes en studio pour enregistrer 'Madame Araignée' en confiance, avec une équipe de proches : François Casays du studio Accès digital à Rouen, Thierry Perier notre photographe flou, Pascal Harbonnier qui nous refile ses conseils avisés, Loig Paul notre tech de choc et Rémi Karnauch l'écrivain.
- QUE PENSEZ VOUS DE LA SCENE FRANCAISE ACTUELLE ?
C&R: L'attitude finira par tuer l'émotion...
-QUELS SONT LES ARTISTES OU GROUPES QUI VOUS ONT INFLUENCE ?
C: La liste est énorme, cela va de la scène alternative frenchy des 80's à Geoffrey Oryema pour l'énergie, l'émotion, la révolte intérieure, en passant par Stone Temple Pilot, Tool, Skunk Anansie...
-On ressent des influences allant de Mano Solo à Noir Désir, en passant par Eiffel, c’était une envie de partager vos influences ?
C: Comment éviter cette comparaison quand on fait du rock poétique en français, pour Noir dés... Cette comparaison est commode... Inutile de la nier... En creusant un peu, plus vous nous connaîtrez moins vous la reconnaîtrez... Pour Mano Solo, vous parlez certainement de l'engagement organique de la voix...
R: C'est une des cordes (vocales) de Chaek...
C: Quand à Eiffel je ne connais pas assez ce groupe pour répondre, mais les quelques titres que j'ai entendu ça et là me feraient dire que nous sommes dans un genre de même veine!
- Quels sont les autres artistes qui vous ont influencés d’hier à aujourd’hui ? Et qu’est ce que vous écoutez aujourd’hui ?
C: Là encore la liste est longue mais pour n'en citer que quelques uns: Orchestre Rouge, Yaktha, Seven Hate, Gut pies ear shot, Sloy, Placebo, The ex, Les Ramoneurs de Menhirs, JC Lalanne...
- « I can’t stand » est un morceau qui sonne punk, et qui est vraiment différent des autres et en plus en anglais, pourquoi ce titre ?
C: Oui, oui c'est un des seuls morceaux en anglais, un vieux truc que je traine depuis un séjour au liban, un genre de réaction à ce que j'y ai vécu... La première version de ce titre sonnait beaucoup plus bab, mais le temps passe, les chôses n'avancent pas des masses là bas (et ailleurs!), de fait ça devient de plus en plus insupportable d'ou le côté frénétique de la rythmique, le côté accéré du riff, et l'ironie du texte.
- Le punk vous a-t-il aussi influencé ?
C: Oui, autant pour la musique que pour les textes, et aussi pour ce que le terme 'punk' vehicule. Sans vouloir définir ou enfermer quoique ce soit dans des stéréotypes...
-Quels sont vos attentes avec cet album ?
C: Faire connaitre notre univers musical à un maximum de gens, les faire se rencontrer, inventer avec eux une autre façon d'apprecier la musique, accessoirement faire de ce disque la bête noire de la connerie!!
- Vous formez un trio, que pouvez vous dire de vos musiciens, et qui sont t-ils ?
Ouais, le trio basse, guitare, batterie, un standard, c'est ce que l'on préfère, même si parfois s'invitent à la fête l'ordi, les samplers et nos pôtes!
Idrissa-Flo est à la basse ,aux choeurs, et parfois en live aux percus, c'est un nomade, un africain blanc, on le ressens dans son jeu...
Jeremy est à la batterie, il était derriere Data à Bordeaux il y a quelques années, c'est du bonheur de jouer avec lui. Mi-argentin mi-texan il a une frappe de caisse claire sans égale (la terreur des sondiers!!), celui qui a toujours la bonne idée efficace en studio, c'est lui !!
Depuis la tournée 2007, Jeremy & Flo s'impliquent de plus en plus dans la compo, celà ouvre de nouvelles perspectives notamment pour le prochain album...
- Où peut-on vous voir ?
C: Sur toutes les scènes du ”grand” monde bien sur... sans oublier des tas de lieux alternatifs...
- La question qui tue : Selon vous cet album, est t-il l’album de la maturité ?
C: Non... enfin... j'espère que non... l'avenir est devant nous...
- Vous avez un manager, un chargé de communication, cela vous permet t’il de vous concentrer essentiellement sur la création et les concerts ?
C: Cette question tombe à pic, on recherche justement un manager, pour l'instant c'est plutôt nous qui nous répartissons les rôles au sein du groupe. Pour la partie communication on bosse avec Anne Ouicher d' AdocPro, et c'est évident que ça nous libêre du temps pour nous consacrer à des trucs purement artistiques, comme par exemple passer des heures et des heures au telephone ou sur internet à chercher des dates de concert! Nan j'vous rassure, on à un peu de temps pour bosser la musique quand même...
- Pour un artiste autoproduit, cela a surement un coût, comment gérez –vous tout ça ?
C: Via des tas de petits boulots, des chantiers, de la manutention, des tafs plutôts ingrats mais qui ont le mérite de nous aider à redescendre sur terre, c'est aussi une façon d'avoir une position privilégiée dans l'observation de ce qui se passe au quotidien autour de nous. De temps en temps on imprime des faux billets aussi ;)
- Chaek compose tous les morceaux, avec qui écrivez-vous les textes ?
C: Avec Rémi Karnauch, c'est avant tout une longue histoire d'amitié entre un écrivain, poète et l'énergie chaôtique brute, qui se réinvente à travers le chant et donne corps aux mots... c'est un plaisir que nous partageons, un ping pong, parfois, assez intéressant, quand il m'envoie ses phrases et que je taille dans le vif ou l'inverse, d'autres fois ça tombe sans retouche... On s'installe en studio, à la campagne, et on passe du temps à sonder les mots. Sur cet album, Guillaume Favray du groupe Kaliocha m'a proposé un titre: 'La Comédie', une sorte de dérive urbaine, où les choses se disent entre les lignes... artistiquement on est de vieux camarades aussi... Et puis sur 'Tes Pas' c'est mon frêre: Dôm, qui à écrit le texte lors d'une longue ballade en Amérique du sud.
R: La musique traîne son langage, elle s'enroule aux mots, parfois la musique crée ses mots, il n'y a pas de formules...
- Participer à une émission de télé, comme Taratata, ça vous dirait ?
C: On ne va pas cracher dans la soupe, bien sur que oui ça nous dirait!
- Et une émission d’Arthur ?
C: Tout ce que je peux dire là sera-t-il retenu contre moi?...
