Je vous avais annoncé courant juillet la sortie imminente du dernier album du groupe punk Outrage. Groupe venu du Mans, non de Le Mans. Enfin bref de l’ouest. Petite parenthèse pour préciser que
l’ouest est une terre résolument rock qui offre de nombreux groupes. Lesquels dites-vous ? Eh bien The Thugs, Les Vilains Clowns, Leïtuss, Rude Boy System, El Royce, et j’en passe parce que la
liste serait trop longue. Pardon pour les non-cités. Enfin, même si la météo annonce souvent une dégradation venu de l’ouest, nous pouvons la remercier car les vents nous amènent tous ces groupes
jusque sur nos platines.
Bon revenons, à nos moutons. Pour le dernier Outrage, intitulé court-circuit, il s’agit plutôt d’une déflagration. Le groupe a vu le jour en 1996 et après avoir partager des scènes avec des groupes
aussi prestigieux que, Archive, Les Ogres de Barback, Parabellum, Uncommenmenfrommars, Washington Dead Cats…, le voici qui nous revient avec un album très électrique et pas que dans le nom mais
aussi par cette décharge d’énergie qui envahit l’auditeur dès la première écoute. Autrefois classé ska punk avec leurs cuivres imposants, c’est un virage à 360° que le groupe formé de Charles
(guitare et chant), Francis (basse), JB (guitare), Yves (batterie) et Nico (Sax et clavier) a décidé de prendre, en délaissant les cuivres pour livrer un skeud percutant, très percutant !
Alors Yves nous a accordé une interview pour présenter ce court circuit qui sera dans les bacs à partir du 22 septembre.
N’hésitez surtout pas à vous rendre sur leur myspace pour vous prendre un coup de jus et suivre de près leur tournée, qui pourrait bien passer par chez vous.
Vous avez abandonné les cuivres au profit de guitares surpuissantes et d'électro. Qu'est ce qui vous a poussé dans ce choix ?
Tout d'abord, deux de nos cuivres (trompettes et trombones) n'étaient plus vraiment disponibles pour continuer le groupe avec nous... De plus nous avions envie de revenir à une formule plus Rock,
comme à nos débuts en 1996 où nous étions un trio punk français... Même s'il y a encore du saxo sur le nouvel album, les cuivres ne faisaient plus vraiment partie de nos envies musicales... C'est
un choix qui s'est fait assez naturellement finalement.
- Vouliez-vous toucher un autre public en vous détachant du Ska ?
Toucher un autre public n'était pas un objectif en soi... Mais il est vrai que nous sommes en train de toucher un public plus âgé... Nous ne savons pas si ce sont les mêmes personnes qui ont grandi
et évolué en même temps que nous ou si c'est un nouveau public. Quoiqu'il en soit on se retrouve dans des soirées beaucoup plus Rock et ça nous plait de plus en plus !
- Cet album est comme vous le dites, plus percutant que les précédents. De quoi vous êtes vous inspirés pour composer des morceaux si virulents ?
L'inspiration est venue toute seule... Finalement la compo de « Court Circuit » a été beaucoup moins difficile que les albums précédents... Le fait d'être 5 dans le groupe au lieu de 7 a aussi
simplifié la chose... Nous sommes à l'école du punk et du rock saturé depuis toujours, c'était donc un exercice de style moins compliqué que prévu pour nous... Nous avions envie d'une musique qui
tabasse et par chance c'est ce que nous savons faire de mieux...
- Les mélodies sont bien sur très présentes sur chaque morceau. Y'a t'il eu un travail particulier au niveau des compositions ?
C'est Charles, notre chanteur qui compose les mélodies... Pendant toute la tournée d’ « Irrécupérable » (album précédent), il a noté sur un carnet toutes les mélodies qu'il pouvait composer ici où
là... Il nous les présentait en répétition, on faisait tourner sous forme de bœuf... Celles qui nous ont le plus accroché sont sur le disque mais une grande partie est restée enfermée dans son
carnet...
- Certains morceaux sonnent plus Punk hardcore, êtiez vous plus énervé, lors de leur composition ?
C'est fort possible... Nous avions peut être des envies de massacre. Dans tout les cas, si tu fais référence aux morceaux "La Fin des Temps", je me souviens qu'il n'a pas fallu plus de 20 min pour
le mettre en place...
- Combien de temps vous a t'il fallut pour composer ces 11 titres ?
En tout, il nous aura fallu un an pour composer les grandes lignes de l'album... L'enregistrement Studio s'est séparé en deux parties. Nous avons d'abord enregistré cinq titres à l'été 2006 puis le
reste en 2007... Nous avions pas mal de concerts le week end, ce qui ralentit forcément les répètes... La pluparts des arrangements sur les morceaux ont été finalisé dans le studio
d'enregistrement...
- Le public a été conquis lors de la Fête de la musique à Saumur. Vous avez vendu tous les Cd que vous aviez ramenés en 15 minutes. Est ce que vous vous y attendiez ?
Non, on ne s'y attendait pas ! Sinon on aurait pris plus de disques.
- L'album sort le 22 septembre, qu'est ce que vous lui souhaitez ?
On lui souhaite de marcher aussi bien que les précédents... Qu'il nous donne envie de continuer encore et toujours dans cette direction !! On lui souhaite aussi de donner un maximum de plaisir au
gens qui l'écouteront...
- Vous avez joué à Saumur, ville d'où est originaire le groupe Leïtuss. Avez-vous des relations avec eux ?
Nous ne nous sommes jamais croisés sur les planches, mais le manager de Leituss (ou ex manager) est un super pote à nous... On fait des sessions DJ avec lui et il part souvent sur la route avec
nous (HIT JUDGES)... Pour l'anecdote, juste après le concert de Saumur dont tu parles plus haut, Nous avions proposé au Leituss de jouer avec nous sur une soirée à Angers où nous avions Carte
Blanche sur la Prog... Malheureusement ils n'étaient pas dispo... Pour l'instant c'est que partie remise, mais on finira bien par les croiser...
- Vos concerts sont essentiellement en province. Avez vous des dates de prévues en région parisienne ?
Ou est ce une réelle difficulté pour un groupe de province ?
Trouver une date à Paris n'est pas une difficulté... C'est trouver une date intéressante à Paris qui est plus difficile... A moins de baisser ton froc, les 3/4 des organisateurs Parisiens ne
prennent aucun risque sur les découvertes comme nous ! La plupart ne paye même pas le plein d'essence, ni la bouffe, quand à l'hébergement, tu peux toujours courir... Dans certain lieu, il faut
carrément louer la salle pour jouer... Bref, c'est un peu un coup dans l'eau pour qui n'a pas la prod. énorme derrière...
- Vous avez quand même 12 ans d'ancienneté, plusieurs albums à votre actifs, des scènes partagées avec des groupes importants, Les Ogres de Barback, Les Caméléons, Maximum Kouette, que faut t'il
pour jouer sur une scène parisienne ?
Il faut une prod. ou un tourneur parisien, une street team motivée, un petit peu de cul et des connaissances dans le milieu de la nuit Parisien... Ce qui est sûr c'est que l'ancienneté n'y fait pas
grand chose... En 12 ans nous avons dû jouer deux fois dans Paris intra muros... On se fait pas non plus d'illusion, à moins d'ouvrir pour une grosse tête d'affiche les dates parisiennes ont peu de
retomber... Il y a des tonnes de concerts excellents tout les soirs dans une capitale...
- Vous êtes en résidence les 11 et 12 octobre. Qu'est ce que vous allez y faire ?
Nous allons approfondir le set en mettant l'accent sur le jeu lumière avec notre éclairagiste... Bosser les effets visuels de manière à ce que le spectacle gagne encore en qualité...
- Les bérus, les shériffs, les rats sont cités parmi vos influences. Y'a t'il des groupes français d'aujourd'hui qui portent votre attention et éventuellement qui vous inspire ?
Difficile à dire... Le punk français n'a pas vraiment évolué depuis les groupes que tu sites dans ta question. Il est juste remis au goût du jour par certains groupes et c'est tant mieux... Je ne
pense pas qu'un groupe français nous influence comme les Shériffs, les rats ou les cadavres ont pu nous influencer par le passé... D'autant plus qu'en ce moment, la plupart des groupes qu'on écoute
sont étrangers... La scène Rock française est un peu dans le creux de la vague, vivement le retour de Noir Désir.
- Le Mans est connu pour ces rillettes, a t'elle en dehors du groupe outrage d'autres qualités à faire connaître ?
Tout d'abord, il y a beaucoup d'autres groupes sur le MANS qui méritent de sortir de l'ombre : Novels, Powell, Rude Boy System (qui ressorte un album à la fin de l'année), Clelia Vega... Et J'en
oublie... Par ailleurs, il y a 3 ans maintenant que les locaux de répètes "Le Silo" se sont montés maintenant... Au delà du fait que c'est l'endroit idéal pour répéter (c'est là que nous répétons
chaque semaine), c'est un espace où les groupes peuvent se rencontrer et échanger des plans ou du matos... Il y a aussi un studio d'enregistrement et quelques concerts... Ce lieu est en perpétuel
renouvellement d'idée et c'est un endroit à découvrir absolument pour tout zicos du coin... Depuis la construction de ce lieu (Outrage a participé à la construction puisque notre chanteur fait
partie de l'AG du Silo) nous avons réussi à mettre des visages sur le nom des groupes... Les connections se sont enchainées, c'est d'ailleurs grâce au Silo que nous avons découvert et partagé la
scène avec les Hit Judges (cf plus haut)...
(Interview diffusée aussi sur Punksociety :
http://www.punksociety.fr/index.php?page=groupes&groupe=Outrage)