Interview sur Punksociety :
http://www.punksociety.fr/index.php?page=groupes&groupe=Alec
- Pourquoi partir vers l’Ouest ? C’est le rêve américain ?
C’est tout à fait ça ! On rêve tous quelque part de tout plaquer pour partir à la conquête des grands espaces, de l’inconnu, jouer sa vie sur la chance sur un million de trouver une
pépite d’or au fond d’une rivière… D’où la présence, entre autre (car tout est très compliqué et ambiguë chez nous !), du cheval sur la jaquette. Il y a aussi là dedans l’idée de la folie, ‘’être à
l’ouest’’… Ce vers quoi nous tendons de plus en plus au fur et à mesure des concerts !
Sinon d’un point de vue plus rationnel, donner ce titre à l’album était aussi un moyen de faire ressortir un des morceaux du disque, en l’occurrence « à l’ouest », qui nous représente plutôt bien
et dont le texte a une certaine importance pour moi.
- Et ce nom, Alec, c’est qui, c’est quoi ?
Je suis le fils caché d’Alec Baldwin et j’espère secrètement qu’il voudra bien le reconnaître en me voyant un jour en haut de l’affiche…
Ah non, je ne voulais pas dire ça !
Le nom ALEC est simplement un clin d’œil simultané à deux groupes références pour nous, à savoir the PIXIES et les français : EIFFEL. A partir de ces éléments, les fans auront vite compris et les
autres n’ont plus qu’à aller écouter la discographie complète de ces deux mastodontes du rock, ça ne leur fera pas de mal…
- Comment avez-vous commencé la musique ?
Les trois personnes fondatrices du groupe sont Paul, le batteur, Olivier, le guitariste, et moi même, Cyril, au chant et à la guitare. On a vraiment commencé la musique ensemble il y a
dix ans, seul Olivier avait quelques notions musicales. Comme tous les jeunes groupes on reprenait tous les standards du rock dans notre garage et les samedis soirs devant les potes… Puis, petit à
petit on s’est pris au jeu. On a monté un groupe avec lequel on a vraiment fait nos premières armes, appris à se connaître musicalement et créé notre propre identité. Ce groupe s’appelait In
extremis. On a tourné sous ce nom pendant 5/6 ans. Ensuite on s’est fait un petit break histoire d’avoir les idées bien claires et en 2005 on a fondé le projet ALEC, un nouveau bassiste nous a
alors rejoint.
- Comment vous êtes vous rencontrez ?
Nous nous connaissons vraiment depuis plus de 15 piges maintenant ! Trois ados qui écoutent les mêmes disques de rock toute la journée, c’était presque devenu une obligation de monter
un groupe !!! Quand au dernier venu, Hugo, le bassiste, nous l’avons trouvé tout simplement par annonce sur le net après avoir épuisé plusieurs dizaines de bassistes sur la région. Mais cette fois,
pas de doutes c’est le bon !
- Le premier titre m’a beaucoup fait penser à un morceau d’Eiffel, c’est un groupe qui vous a assurément influencé ?
Oui bien sûr, Eiffel fait partie des groupes qui comptent énormément pour nous. Leurs chansons nous parlent beaucoup, nous partageons aussi de nombreuses influences. Au delà de la
musique, nous admirons également leur engagement et leur position par rapport à « l’industrie du disque ». Pour nous, c’est un de ces quelques groupes de rock en France qui sont exemplaires tant
par leur musique que par leur comportement. Etre attentif à toujours garder son intégrité et un discours cohérent est malheureusement devenu rarissime dans le contexte musical actuel…
- Comme eux, vous aimeriez devenir un monument du rock ?
On y travaille tous les jours effectivement. On a encore de la route à faire, aucun doute là dessus, mais c’est notre souhait le plus cher !
- Vous dites sur myspace que vous partagez vos coups de gueules, pourriez vous vous exprimer dans un autre style que le rock ?
Je ne pense pas non. Notre culture musicale est essentiellement basée sur le rock, nous avons appris à jouer à travers lui. Nous aurions beaucoup de mal à faire passer autant de choses
dans un autre style musical. Mais attention ce constat ne s’applique qu’à nous, d’autres artistes arrivent parfaitement à exprimer des messages très forts dans d’autres styles musicaux, ou même
d’autres courants artistiques. Bien que le rock soit historiquement ou traditionnellement associé à un état de rébellion, je ne pense pas que ce soit l’unique biais efficace pour pouvoir
communiquer ce genre d’idées.
- Vous privilégiez le français dans le texte, c’est par rapport à vos influences, ou l’amour de la langue ?
Un peu les deux. C’est vrai que j’écoute et que j’aime beaucoup les artistes rock qui s’expriment en français. J’aime savoir que la voix n’est pas juste là pour apporter une mélodie,
qu’il y a aussi quelque chose derrière. Je suis généralement très sensible à tous les grands auteurs français (francophones au moins), bien sûr Brel, Ferré, Miossec, Cantat, mais aussi Bashung,
Katel, Jull…
Je n’écris pas de chansons juste pour écrire une chanson, parce que c’est mon job ou parce qu’il nous faut un nouveau titre pour la prochaine répète ! A chaque fois que je me lance sur un nouveau
texte c’est parce que j’ai l’envie d’exprimer un message particulier, de communiquer sur un état, un sentiment… c’est donc de façon naturelle que je le fait dans ma langue maternelle ! Déjà que ce
n’est pas super simple pour moi, alors si en plus je dois me confronter à une langue que je ne maîtrise pas vraiment…
- Qui écrit, qui compose ?
C’est donc moi qui écris les textes. J’aime aussi associer les paroles, même les mots, à une couleur musicale appropriée. Je propose donc généralement une ossature plus ou moins
finalisée à laquelle chaque membre du groupe vient greffer sa partie avec sa propre interprétation.
- Des contacts ont-ils été pris au sein des maisons de disques pour cet album ? Si oui quels en ont été les retours ?
Non. Nous avons vraiment travaillé ce disque seuls dans notre coin… la plupart des enregistrements ont d’ailleurs été fait à la maison, l’idée était de prendre le temps nécessaire
(presque 2 ans ! ! !) pour arriver exactement où l’on voulait. Après la galette servira certainement plus comme outil de démarchage auprès des maisons de disques en vue d’un deuxième album…
pourquoi pas ? Mais il est vrai que pour l’instant nous nous soucions plus de pouvoir défendre ces titres sur scène, c’est notre priorité !
- Sur votre site, on trouve aussi des coups de gueules, je n’ai pas tout lu, alors je n’ai pas tout compris, mais il y a des paroles virulentes, visiblement le groupe a connu des
difficultés récentes, qu’est ce qui s’est passé ?
C’est vrai que c’est un peu mouvementé en ce moment ! Nous arrivons tous ensemble à un tournant dans l’évolution du groupe et chacun l’appréhende un peu à sa manière… Pour ne rien
gâcher, nous avons tous des caractères assez forts et il arrive que notre vision des choses diffère… et à ce moment là, comme dans tout groupe de rock qui se respecte, ça peu prendre des
proportions énormes. Mais c’est vrai que dans notre cas, les proportions sont dernièrement très ENORMES ! ! ! ! Pour ne rien vous cacher, c’est un peu la merde mais l’on verra bien où ça nous mène
?
- Rassurez-nous, vous n’êtes pas le genre de groupe qui sort un album, et qui split dès sa sortie ?
Ah si, je crois que nous en sommes malheureusement capables. Comme je le disais, nous sommes tous très attachés à la sincérité qui peut se dégager de notre musique, à cette osmose et
au plaisir que l’on prend à jouer ensemble qui est, paraît-il, vraiment palpable à chaque concert ! Si cette excitation disparaît, nous serions bien incapables de jouer les titres sur scène faisant
mine de tout va bien alors qu’il y a des tensions derrière (même si de nombreux groupes y arrivent très bien !). Bon, j’espère sincèrement ne pas en arriver là. Mais quoi qu’il arrive, rassurez
vous, aucun d’entre nous n’arrêtera de jouer ! La musique s’est maintenant fait sa place dans nos vies respectives…
- Y’a-t-il d’autres personnes qui vous aident dans les démarches administratives, trouver des concerts, les relations radios etc …ou vous faites tout vous-mêmes ? Vous avez créé votre asso
je crois ? Qu’est ce que cela vous apporte ?
Nous avons crée une asso très rapidement après avoir monté le groupe. Au début c’était juste pour simplifier les démarches administratives. On en a du coup aussi profité pour organiser
quelques concerts dans la région.
On a aussi depuis peu un nouveau manager qui s’occupe surtout du booking et relations de presse. C’est très important d’avoir ce genre d’aide car aujourd’hui, faire tourner un groupe de rock
demande des tonnes et des tonnes d’efforts pour avoir bien souvent un maigre résultat ! Ça nous permet surtout d’un peu plus de temps pour se consacrer à la musique. Quand tu fais toutes ces
démarches tout seul, tu te rends compte qu’au final tu passes plus de temps dans la paperasse que sur ton instrument ! Et ça, ça devient vite très lourd.
Voilà, nous avons trouvé quelqu’un qui en plus se débrouille bien mieux que nous (moi ce n’est pas vraiment mon tuc de vendre mon propre groupe), puis c’est un peu con, mais on est toujours plus
crédible quand c’est une personne extérieure au groupe qui fait ce genre de démarches.
- L’ambition du groupe avec cet album, qu’elle est t’elle ?
Tous simplement aller le plus loin possible… En ce moment, après cette longue période d’enregistrement, nous avons surtout très envie de faire un maximum de scène !
- Où peut-on vous voir prochainement ? Etes-vous programmé dans des festivals d’été ?
Allez je fais un gros coup de pub pour le Beaujol’Rock Festival le 28 juin à Grandris : un pur festival rock français organisé par des gens vraiment adorables auquel nous jouerons au
coté de SUBWAY, PAGANELA, NAR6 …
- Un petit message, un petit coup de gueule, un message de sympathie pour nos lecteurs ?
Non mes amis, le punk n’est pas mort, ne nous laissons pas abattre par ces quelques usurpateurs comme Avril Lavigne, Green-Day et autre Superbus qui ont cru se l’approprier ! C’est
juste qu’il faut chercher un peu plus…