Partager l'article ! Interview de Dode: En cette année 2010, qui aurait pu dire qu'un groupe nous viendrai de Saint Pierre et Miquelon, avec un rock en franç ...
Dode est un groupe tout récent et tout semble avoir été très vite pour le groupe, puisque à peine rentré de France après des études, Éric propose ses textes et compositions à des
musiciens locaux et hop, la machine est lancée et l'album suit très vite.Pouvez-vous revenir sur cette période ? Est ce que vous vous connaissiez déjà tous ?
ERIC D : En fait le retour s'est fait pour la réalisation de l'album. Je travaillais à Paris et je jouais dans un petit groupe.
L'opportunité de faire un album a précipité mon retour. Je connaissais les musiciens sans avoir jamais joué avec eux.
Eric, tu as donc vécu en France juste avant d'enregistrer l'album. Il semble donc que cette période ait été propice à l'écriture, et à la création. Est ce
que l'on peut dire que l'éloignement de ta terre natale, a été une source d'inspiration ?
ERIC D: J'ai toujours écris, cette
période m'a permis de voir de nouvelles choses de connaître Paris aussi. Certaines chansons ont été faites durant cette période d'autres existaient déjà depuis quelques années.
Lorsque tu étais en France, dans quelle ville vivais tu ?
ERIC D: J'ai d'abord fait mes études à Valence puis
Avignon, ensuite je suis allé travailler sur Paris comme Roadie !!
Je suppose que certaines rencontres, certains concerts t’ont marqué. Peux tu nous en dire quelques mots ?
ERIC D: Très peu de
rencontres, j'ai gardé mes amis de Avignon qui eux aussi vivaient à Paris. Tous bossent dans le monde de l'audiovisuel et du cinéma, c'est avec eux que j'ai sorti "officiellement" ma première
chanson pour un court-métrage, ensuite j'ai bifurqué plus vers le son que l'image. J'ai quand même eu la chance de voir Ben Harper à Bordeaux, Radiohead aux arènes de Nîmes et aussi les Cowboys
Fringants à Paris !!
Saint Pierre et Miquelon n'a que 6000 habitants. A quoi ressemble votre vie sur cette île, je suppose qu'en plus tout le monde se connaît plus ou moins ?
ERIC P : La vie ici est très particulière. C'est vrai qu'on est plus ou moins les uns sur les autres, mais le cadre est génial. Tout est à portée de
main. Pas de distance à parcourir, pas de métro, pas de bouchon de circulation, pas de stress. Les habitants pratiquent une foule d'activités autant sportives que culturelles. Mais on souffre
parfois de l'isolement lié à l'insularité.
Le groupe par ses paroles semble d'ailleurs très attaché à sa terre natale. Vous serait-t-il possible de la quitter pour toujours ?
ERIC
D: La plupart des gens sont attachés a leur lieu de naissance. Ici le lien est peut-être encore plus fort, vu que nous nous sentons un peu loin de la France et un peu loin du
Canada culturellement. Ici les gens veulent souvent partir et lorsqu'ils sont partis, veulent souvent revenir ! Mais "c'est là bas moi aussi qu'un jour je finirai" (rires).
Baudelaire a une place importante sur cet album, avec la présence de 4 textes qu'il a écrit. Pourquoi ces reprises ? Pourquoi Baudelaire ?
ERIC D : Parce que les textes sont très contemporains et surtout puissants. J'aime son univers obscure et ses mots justes. On aurait pu choisir
d'autres poètes, celui ci est de loin mon préféré.
Y'a t'il d'autres poètes dont le groupe pourrait aussi reprendre les textes ?
ERIC D: Un texte de Victor Hugo et des passages
d'un bouquin de Camus sont déjà en place pour un second album.
L'histoire semble avoir une place importante aussi, de par votre héritage culturel. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
ERIC
D : C'est important de savoir pourquoi on est ici aujourd'hui, nos ancêtres se sont battus pour travailler ici et y vivre. A coup de guerre contre les anglais, cette terre a été
pillée de nombreuses fois et ses habitants tués ou déportés vers la France, chaque fois ils sont revenus. C’est important d'être fier de ça ..

Qu'est ce qui est le plus important, le texte ou la musique ?
ERIC D : Les deux sont très importants. Pour ma part
j'attache beaucoup de valeur au texte.
Lorsque le groupe s'est lancé dans l'élaboration de l'album, quelle était sa motivation et celle ci a t'elle évoluée aujourd'hui ?
ERIC
D: Le but était de faire un album à notre goût, à partir des maquettes et des textes, lui donner une touche grunge et surtout de pas tomber dans le conventionnel, suivre l'essence
des maquettes.
ERIC P : Le plaisir de faire de la musique avant tout, la motivation est toujours la même.
On entend des relents grunge dans la musique de Dode, on pense à des gens comme Brel, Ferré, que l'on pourrait qualifier de chanteur poète. Qu'elles ont été les influences de Dode durant sa
jeunesse ? Et qu'est ce que ses musiciens écoutent aujourd'hui ?
ERIC D: J'ai beaucoup écouté Nirvana puis Pearl Jam. C'est
surtout Noir Désir qui m'a fait comprendre que le rock existait en français et qu'un texte et des mots pouvaient avoir une grande influence. Brel évidemment est un des plus grands pour toucher
par ses mots
ERIC P : De tout où presque : du rock, du jazz, musiques du monde et même de la country !
Quand on est originaire de St Pierre et Miquelon, on se sent plutôt canadien ou français ?
ERIC D : Mon grand père était
canadien, j'ai la nationalité française, je me sens plus proche de la culture française que canadienne mais je ne serais jamais le même français que ceux de la métropole.
Comment qualifiez-vous votre musique ? (Du rock à textes ?)
ERIC D : Si tu veux ..
Vous jouez essentiellement au Québec. Pensez-vous nous rendre visite bientôt, en France, pour une série de concerts ?
ERIC D :
Tout est nouveau pour nous, nous débutons une tournée au Canada dans 3 semaines. Pour ce qui est de la France, on aimerait beaucoup y aller. Trouve nous un tourneur et on arrive !
Honnêtement, qu'est ce que cela représenterait pour vous, de venir jouer en France ?
ERIC D : On chante en français déjà, je
pense que l'on a un répertoire qui peut plaire là-bas et puis on est français et on a envie de jouer, c'est en France qu'il faut aller.
Le groupe aurait très bien pu chanter en anglais. D'ailleurs Dode fait des reprises en concert, de Iron Maïden par exemple. Alors pourquoi avoir privilégié le français ?
ERIC D: Les reprises anglaises font partie de notre culture musicale. C'est un peu un hommage à nos racines, vivant en Amérique du nord, on ne peut
pas faire autrement que d'en écouter. Après nous pensons en français et pour moi encore une fois, le texte et une arme plus qu'importante dans une chanson. De toute manière je n'écrirai jamais
une chanson en anglais, je trouve d'une banalité tous ces groupes français qui chantent en anglais, il semble que les gens ont honte de leur langue, ils ont sûrement oublié son passé. La langue
française est des plus noble qui soit.
Il paraît que vous travaillez déjà sur votre deuxième album. Êtes-vous un groupe avec un appétit important ?
ERIC D : Des choses
existent et se créent, nous suivons la musique.
Que peux t'on vous souhaitez là, dans les mois à venir, et dans les années à venir ?
ERIC D : Une
belle tournée au Canada et ensuite la France ...
