Partager l'article ! Interview de Jneb: On l'avait annoncé depuis plusieurs mois et voilà, le premier EP du Jneb Band est en vu, près à ravager les sc ...

On l'avait annoncé depuis plusieurs mois et voilà, le premier EP du Jneb Band est en vu, près à ravager les scènes d'ici et là avec une musique percutante, et des
paroles tranchantes et contestataires.
Jneb en grande forme et motivé comme jamais annonce une série impressionnante de concerts que vous pouvez retrouver sur le myspace de Jneb Band. Mais pour
l'heure il nous livre une interview, qui annonce la couleur......
Myspace : http://www.myspace.com/jnebband
On est à quelques jours de la sortie du premier EP du Jneb Band qui s'intitulera "Enfance V(i)olée". Alors pourquoi ce titre et peux tu nous expliquer pourquoi on retrouve cette
parenthèse qui entoure le "i" ?
Jneb : Je voulais un titre en adéquation avec la musique distillée dans cet EP ! Quelque chose de
percutant ! Et évidemment la situation des enfants est une chose qui m'interpelle ! La parenthèse est très importante en effet ! Une enfance violée n'est-elle pas une enfance volée ? Une enfance
volée n'est elle pas une enfance violée ?
L'EP comprendra 7 compositions. Pourquoi pas plus et pourquoi ne pas présenter finalement un album ? Je suppose que d'autres titres sont restés dans tes
tiroirs....
Jneb : Au départ il devait y avoir 10 titres et faute d'argent il a fallu revoir les objectifs a la baisse. D'autres
titres ont été partiellement enregistrés et figureront sûrement sur un 2 ème EP, aux côtés de morceaux récemment composés… Et un EP se vend moins cher qu'un album, ce qui est bien pour le public
! J'ai donc préféré l'idée de faire 2 EP plutôt que celle de faire un album !
Tu as sorti en 2009 ton premier album solo chez Les Skalopards. Là tu sors en total autoproduction le premier EP de Jneb Band. Est ce un choix ?
Jneb : Oui tout à fait, je ne voulais rien demander à personne, comme pour mon premier projet ! J'ai tout financé moi-même. Le pressage de 1000
exemplaires a été financé à l'aide d'une souscription. Je remercie d'ailleurs au passage les personnes qui nous ont aidé à finaliser le projet.
D'ailleurs qu'est ce qui différencie le Jneb Band de Jneb ?
Jneb : J'ai monté le JNEB BAND afin de goûter à nouveau à
l'aventure scénique puisqu'avec JNEB je n'en fais pas.
Le principe est simple : être à l'antithèse de ce que j'ai fait jusqu'ici. Les textes de JNEB sont frivoles et chantés en plusieurs langues, ceux de JNEB BAND sont engagés et uniquement clamés en
français, les morceaux de JNEB sont longs, ceux de JNEB BAND ont un format court, la musique de JNEB se veut arrangée et éclectique, celle de JNEB BAND est minimaliste et uniforme, la musique de
JNEB est composée avec du recul, celle de JNEB BAND naît dans l'urgence (certains titres, musique et textes, ont été composés en demie-heure !). La différence réside aussi dans la voix, qui est
plus dure sur les titres de JNEB BAND.
Où et quand ont été enregistrés ces 7 titres ?
Jneb : Au studio MDB concept (59) par Laurent Prevost qui a enregistré
tout ce que j'ai sorti jusqu'à présent. L'enregistrement a été réalisé sur plusieurs mois, avec des séances de prises ponctuelles. Le mixage s'est déroulé en mars.
Tu t'es donc entouré de quelques musiciens. Peux tu nous les présenter et nous dire si ce sont les mêmes que l'on retrouvera à tes côtés sur scène ?
Jneb : Alors il y a Msieur L. à la guitare, Msieur P. (ex Azzil) et Mamzelle D. aux trombones, qui sont aussi avec moi sur scène !
On retrouve aussi à tes côtés sur deux compositions, le chanteur de Diego Pallavas et Martin de Kiemsa... Ces morceaux ont t'ils été composés en sachant qu'ils seraient chantés en duo
?
Jneb : Non pas du tout… J'avais très envie de rencontrer ces deux garçons dont j'apprécie grandement le passé et le présent
musical ! J'ai donc choisi les morceaux qui seraient susceptibles de leur convenir et leur ai envoyés afin de leur proposer ! Ils ont répondu positivement à l'appel comme tu peux le constater, ce
qui a été un bonheur innommable ! Quant aux autres invités, il y a eu aussi Marchmaninov qui est venu poser un peu de synthé sur "Le mâle bien" et Bidingue de Marcel et son Orchestre qui a
interprété une partie piano sur "Histoires courtes".

Au regard du myspace de Jneb Band, on voit un paquet de dates. C'est même assez impressionnant. Comment arrives tu à trouver et à organiser autant de dates ?
Jneb : Eh bien, en étant à l'affût, en passant du temps, en faisant des échanges avec les groupes puis en répondant aux appels des festivals, des
assos, des salles que notre musique n'a pas laissé indifférent.
Si ton album solo était assez raffiné avec des compositions influencées par de nombreux styles, on peut dire que sur "Enfance V(i)olée", on est vraiment dans le punk qui affirme une
réelle contestation. Etait ce un réel besoin de cracher ta haine ?
Jneb : Ce n'est pas de la haine, plutôt de la peine.. Je ne
nourris aucune forme de haine contre qui que ce soit… Mes textes sont plus de l'ordre de la constatation contestataire…
Si tu es autoproduit, on a tout de même l'impression que derrière y'a une grosse machine ou plutôt une grande famille. Une famille qui regroupe des formations comme Diego Pallavas,
mais aussi, Stygmate, Out of School Activities, Kiemsa et bien d'autres.....Pourquoi ces groupes là ne se regrouperaient t'ils pas pour créer un gros label et soutenir tous ensemble le dynamisme
de cette scène indépendante ?
Jneb : Ah ça je n'ai pas la réponse…. Maintenant si nous ne sommes pas tous regroupés au sein d'un
collectif dans le sens administratif du terme, il n'en demeure pas moins que nos agissements vont dans le sens d'une entraide certaine : On s'échange les contacts, on se refile des plans compils,
on s'invite sur des dates, on relaie les infos des uns et des autres, on fait même des collaborations (Batbat et Martin sont donc venus sur nos morceaux, j'ai co-écrit un titre (Angélique) avec
Batbat pour le split de Diego Pallavas/Justine qui sort en avril).
Ton clip "Il faut être pris pour être prisonnier" a été réalisé par Zarno. Comment l'as tu rencontré ?
Jneb : Il y a
8 ans, quand j'avais sorti un album avec mon ancien groupe. J'ai fait la connaissance de Zarno au cours de mes pérégrinations sur le net.. J'ai dès le premier coup d'oeil été séduit par son
univers et la qualité de son travail et je me suis dit qu'un jour je lui demanderai de me confectionner des personnages et des décors afin d'en faire un clip !
Ce clip réalisé en pâte à modeler à dû prendre un temps fou, aussi bien pour Zarno que pour toi qui en a fait le montage. Peux tu nous expliquer l'histoire de ce clip et sa
réalisation ?
Jneb : J'ai contacté Zarno afin de lui demander s'il serait d'accord pour collaborer sur un clip ! Je lui ai alors
proposé le titre "Il faut être pris pour être prisonnier". Comme la condition carcérale est une question qui ne le laisse pas indifférent et que le morceau lui plaisait bien, il a de suite été
séduit par l'idée ! J'ai donc élaboré un scénario qu'il a remodelé (eh eh) en fonction de ses possibilités temporelles et techniques. Pour le réaliser, Zarno m'envoyait des photos au fur et à
mesure que son travail avançait, mon rôle étant de les trier et de les agencer de façon à obtenir quelque chose en adéquation avec le rythme sonore !
Tu expliquais dans une précédente interview que tu pouvais t'enfermer pendant plusieurs jours pour créer. Comment expliques tu cette grande soif de créer que tu as en toi
?
Jneb : On peut apparenter cela à une addiction tenace… J'aime être seul pour créer, c'est sûrement l'une des choses que je
préfère faire…. J'aime donc je fais… C'est aussi simple que cela…
Le titre "ça sent la merde" commence d'une manière plutôt religieuse et solennel....et annonce l'esprit contestataire que l'on retrouve sur l'ensemble de "Enfance V(i)olée". Est ce
pour bousculer encore plus le conformisme ?
Jneb : C'était surtout pour coller à la thématique du morceau, autrement dit le fléau
de la guerre et plus précisément des "guerres de religions", phénomène récurrent et prégnant dans l'Histoire de l'Humanité. Le texte se termine par "Au nom de qui ? Au nom de quoi ? Au nom de
Dieu !", la musique l'annonce...
IL FAUT ETRE PRIS POUR ETRE PRISONNIER
Dans les prisons
On vit à l'étroit
A trois dans une cellule
Promiscuité totale
Dans les prisons
Où règne l'effroi
Le froid déambule
Comme la mort dans un hôpital
Et ils ont froid
Personne pour les rechauffer
Et ils ont froid
Tout le monde les a délaissés
Et ils ont froid
Et personne pour protester
Et ils ont froid
Tout le monde les a rejetés
Si t'es pas sage
Si t'es pas sage
Si t'es pas sage
Tu vas terminer
A la cour des miracles
Ne t'attend pas à tuer le temps
C'est lui qui va te tuer
Et ne crois pas maîtriser le temps
C'est lui qui t'a neutralisé
N'as tu jamais conduit
Sous l'emprise de l'alcool?
N'as tu jamais eu envie
D'être le roi du pétrole?
N'as tu jamais sévi
Dans une affaire de vol?
N'as-tu jamais nourri
D'idée éminemment folle?
Ne leur donne pas le plaisir
De croire qu'ils ont raison
Ne les laisse pas te dévêtir
J'en appelle à ta raison
Je sais c'est pas une partie de plaisir
Mais de toutes façons
Dis toi bien qu'il n'y a rien de pire
Que de devoir passer sa vie en prison
