Vidéo avec le titre :"Fils à papa, gosse de riche"
Alors que le groupe Dysenthry a sorti en janvier dernier son premier album, j'ai souhaité vous présenter un peu plus ce groupe très impliqué sur la scène punk, mais aussi à
Rouen. Rudy mon reporter attitré étant fan de ce groupe, je lui ai laissé faire le boulot, et je n'ai apporté que quelques notes. Voici donc un entretien pour l'essentiel
entre Rudy et Riot Boy, le guitariste du groupe.
(crédit photo:Fred Loridant)
Rudy :Dysenthry, qui a eu l'idée du nom du groupe et pourquoi ce nom ? Riot Boy : C'est une idée de
Betty, parce qu'on vide toutes nos tripes sur scène.
Rudy : Riot Boys et Betty Burp, tous deux membres fondateurs du groupe et pourtant tous deux originaires d'une toute
autre scène musicale que le punk, qu'est ce qui vous a motivé a créer un tel groupe, bien engagé ? Riot Boy : Justement les autres styles ne permettaient pas un tel engagement.
Guillaume : De quelle scène vous venez ? Riot Boy : Des scènes blues, jazz et rock.
Rudy : Certains membres du groupes ont aussi des activités solos...ont t-ils toujours le temps de continuer
? Riot Boy : Oui, c'e n'est pas un problème.
Rudy : Après divers remaniement dans la formation du groupe de quatre personnes, il est question de changer de
bassiste , et en octobre, vous voila finalement à cinq, avec non seulement un nouveau bassiste ( Nico Labos ) et une deuxième guitare ( Mephisto Phallus ), comment l'introduction d'un
deuxième guitariste c'est t-elle réalisée ? Riot Boy:Il y avait une volonté d'avoir un son plus rentre-dedans de manière générale. Il se trouve que Nico est guitariste
de formation et Mephisto, bassiste. Les deux voulaient jouer de la basse pour le groupe... on a tiré au sort ou presque, Nico a donc pris la basse, et Mephisto la deuxième guitare. Et au final
chacun apporte une touche très particulière alors même que ce n'est pas son instrument de départ.
Guillaume : Vous avez aussi intégré un batteur je crois. Pourquoi, Est ce pour l'album uniquement ? Ou Dysenthry est
t-il maintenant bel et bien armé d'une batterie ? Riot Boy: En live Dysenthry a toujours joué avec un batteur. Il y en a eu 7 avant de tomber sur le bon, notre Babydrummer. Le groupe s'est toujours destiné à se séparer de la
boîte à rythmes, c'était juste un moyen plus commode pour enregistrer rapidement des démos à la maison, au début !
Rudy : Dysenthry a enregistré une version à cinq du morceau "le Travail c'est la Mort" afin de réaliser un clip en
collaboration avec les ouvriers de la firme "Akzonobel", en protestation de la fermeture du site de Rouen, ou en est le projet ? Riot Boy: L'usine ayant fermé suite a des pseudo-négociations, toute forme de protestation en devenait inutile. Au final l'oncle de Babydrummer qui bossait là-bas et qui nous
avait sollicité se retrouve à moitié à la rue. Génial quoi...
Rudy :Le "Krollectif Punk" dont Dysenthry fait partie, comment est né ce projet et en quoi consiste t-il
? Riot Boy : L'idée au moment de la formation de ce Krollectif était de réunir différents groupes punk et alternatifs de la scène rouennaise qui ne seraient jamais
programmés, à l'évidence par la ville sur ses différentes manifestations. Notamment les « Terrasses du Jeudi ». Un truc qui se passe au mois de juillet, tous les jeudis sur les terrasses de
quelques bars de Rouen. Au départ l'idée était de faire jouer les groupes de Rouen. Au final la chose en deux ou trois s'est retrouvée trustée par des têtes d'affiches à la con comme Jean-Louis
Murat ou autres. Du coup on a monté le krollectif avec les groupes d'amis et on a fait nos premiers Contre-Terrasses du Jeudi, rebaptisées depuis Le Bal Con du Jeudi. Avec l'aide du bar du Pont
l'Arquet à Rouen, qui n'a pas froid aux yeux, on a improvisé un concert sauvage gratos sur un de ces fameux jeudi. Résultats on a récupéré pas mal du public officiel qui ne savait même pas au
début que nous n'étions pas dans la programmation de la ville. Le krollectif a donc été créé pour développer cette idée de groupes contestataires, de concerts sauvages, etc.
Rudy : Justement, Que devient le "Krollectif Punk" aujourd'hui ? Ta première tournée dans toute la France (
Kontesta'Tour ) ne met t'elle pas en péril ce projet qui au départ était un projet d'association de groupes locaux, principalement sur Rouen ? Riot Boy: Les dates de Dysenthry ne gênent en rien du tout le projet, puisque le krollectif est censé être composé de plusieurs groupes qui jouent un peu à l'arrache quand ils
veulent et où ils veulent. La difficulté s'est plutôt trouvé dans la molesse générale des groupes sur Rouen. Entre le nombre incroyable de groupes qui ne souhaitaient pas adhérer à la chose,
ayant peur de se griller pour une éventuelle programmation de la ville justement, ou les groupes qui suivent mais dès que tu relâches un peu, disparaissent, on s'est retrouvé un peu seuls dans ce
projet. Cependant nous maintenons au moins notre date annuelle du Bal Con du Jeudi avec Dysenthry et Nono Futur, les deux valeurs sures du Krollectif, et sûrement un ou deux autres groupes.
Rendez-vous en juilllet à Rouen !
Rudy : Parle nous de ta tournée " Kontesta'Tour" la première au niveau national, qui organise cette tournée et
comment c'est t-elle concrétisée ? Riot Boy: Essentiellement en DIY comme on dit. De la démmerde, des échanges de bon plan avec les groupes rencontrés, des coups de fil passés un peu au hasard des mails envoyés à
droite à gauche. Ni Dieu ni Manager...
Rudy : Après deux démo, le groupe auto-produit fin 2009 le tout premier album, sachant que la philosophie du groupe
ést de ne rien vendre, comment pourra t-on se procurer ton premier album ? Riot Boy: Gratuitement sur le site internet du groupe. Il est d'ores et déjà en ligne et vous pouvez le télécharger intégralement, avec la pochette !
Guillaume : Le nom de l'album, "insanité nationale'"...Vous pouvez nous en dire plus ? Riot Boy:
C'est une référence directe à notre chère actualité française, et le débat sur l'identité nationale qu'a lancé Besson. On avait hésité avec obscénité nationale. Au final on est dans le même ordre
d'idées et de dégoûts pour ce qui se passe « là-haut ».
Rudy : L'enregistrement des 14 titres a été réalisé en deux jours. Enregistrement et mixage, ,...... que retenez-vous
de cet enregistrement "marathon" ? Riot Boy: La bière. Les blagues pourries. La difficulté que pouvait représenter le fait d'aller enregistrer dans un local subventionné par la mairie de Rouen, alors que notre
Mephisto se bat avec son Local 66 non subventionné... On retient aussi l'excellent boulot de Samuel Chéron, l'ingé-son. Et les tronches des babyboys qui gueulaient « castration... castration »
quand ils enregistraient les choeurs, au casque (Betty).
(crédit photo:Fred Loridant)
Guillaume : Pourquoi cet enregistrement aussi rapide ? Y'a des groupes qui enregistrent et leur album sort
1 an après.........C'était important qu'il sorte aussi vite ? Riot Boy : On voulait qu'il sorte vite, il y a une urgence sociale. Les messages doivent passer, et vite.
Rudy : Au départ, seulement 10 titres devaient se trouver sur cet album, pour finalement en avoir 14, avez-vous une
certain facilité pour faire des sessions d'enregistrements rapides ? Riot Boy: On ne pensait pasen faire autant honnêtement, mais on n'était en forme, et puis Betty elle
déteste faire plus de deux prises, alors ça permet d'enchaîner plus de morceaux héhé.
Rudy :A t-il été facile de choisir les titres qui figurent sur le premier album parmi tout votre répertoire
? Riot Boy: Non pas facile, on a failli splitter 12 fois avant de se mettre d'accord sur le choix des morceaux. D'ailleurs Nico hésite encore à nous quitter à cause de ça...
(rires). Y a pas mal de morceaux qu'on aurait bien mis en plus comme Suicide Social, Majorité Médiocrité, etc. qui sont de vieux morceaux mais qui nous semblent toujours autant d'actualité !
Rudy : Outre la rage envers notre société, certains morceaux sont très personnels et font part d'un mal de vivre,
d'un mal être passé et présent ( Alors Maintenant je fais du punk, Comme un labrador, Fous nous la paix......). Cracher ces vieux démons sur scène comme sur un CD, est ce un moyen d'extérioriser
et de survivre à un certain mal être ? Riot Boy: Comme un Labrador est un morceau qui a été composé à deux (Betty et Babydummer).. Le fait de jouer des morceaux rentre-dedans permet d'expulser une certaine colère,
oui.
Guillaume : L'album est en téléchargement gratuit sur votre site depuis le 6 janvier. Comment financez-vous tout cela
?C'est vraiment impossible pour vous de gagner de l'argent avec la musique ? Riot Boy: On finance cela comme on peut héhé. Ce n'est pas le problème, on se démerde. Pour nous la musique doit rester en dehors de tout rapport avec le fric. C'est
essentiel.
Guillaume: Y'aura t'il quand même une production de CD pour éventuellement la vente ou la distribution sur les concerts
? Riot Boy: Bien sûr ! En plus du téléchargement dont nous parlions tout à l'heure, nous avons fait imprimer des pochettes et avons fabriqué des versions Boîtiers de l'album. Nous
les distribuons gratos aux gens qui viennent nous causer en fin de concert !
Rudy: Premier album, première tournée nationale, bientôt un premier clip ? Riot Boy : Pourquoi pas...
Rudy :Quelle sera l'actualité de Dysenthry pour l'année 2010 ? Betty : Du sexe, du rock et de la bière. Nico : Des galas, des galas, des Bar Mitzvah, etc. etc. (Nico). Lilian Babydrummer : Des putes et de la coke (Lilian Babydrummer). Tout le groupe : Assasiner M. S.
Rudy : Betty Burp, tu as parmi t'es hobbies le dessin, souvent très expressif, y aura t-il un jour une galerie de ces
dessins ? Betty : Non, par contre qui veut les voir, le peut sur simple demande.
Guillaume : Je trouve le chant très intéressant. Il a été travaillé ce chant ? Betty: Oui j'étais capable de ne chanter qu'avec une voix sucrée, cul-cul. Ça n'a pas été facile de la transformer en grosse voix, dégueulasse et tout. Mais comme dit mon psy,
faut faire sortir le démon hein...
Guillaume : On sait que vous ne recherchez pas la gloire, alors que peux t'on vous souhaiter ? Riot Boy: La Révolution ! Et à défaut plein de dates et de rencontres sympas.
Guillaume : Un mot de fin, pour clôturer cette interview? Riot Boy :
Laissons pas le monde ni aux pourris, ni aux fachos. Et roulez pas en Panzer !
(crédit photo:Fred Loridant)
Prochaines dates de concerts :
19 févr. 2010 à 20:00 + WD40 - Squat des Rats Sans Blé - Le Havre Haute-Normandie
6 mars 2010 22:00 + Pogomarto - Etoile-Tex - Blois, Centre
10 avr. 2010 20:00 + Prince Ringard + Tommyknockers + Nono Futur - Salle des Fêtes de Tréméven (29) Bretagne
19 juin 2010 20:00 Fête de la musique - Hôtel de la Gare -Beaumont Le Roger (TBC), Haute-Normandie
26 juin 2010 22:00 + Chépa + Lisa A Peur + C$A- Festival Punk Rock 3 - Le Bateau Ivre - Rouen, Haute-Normandie
8 juil. 2010 19:00 Contre Terrasses 4 - Avec le Krollectif Punk - Bar du Pont l’Arquet - Rouen, Haute-Normandie
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Directeur d'antenne adjoint sur NOIZY RADIO et animateur de l'émission CONTRE CULTURE diffusée chaque semaine sur : NOIZY, ZERADIO, ROCKONE, ROCK EN FOLIE, Equinoxe Namur, R2M, Clin d'Oeil FM. Des coups de coeur sont partagés dans l'émission INDIE SESSION sous forme de chronique diffusée en FM sur BERGERAC 95.