CONTRE CULTURE INFO

Le groupe Charge 69 est actuellement en pleine préparation de son nouvel album avec un nouveau chanteur en la personne de Vérole. Ce dernier, présent
sur la scène punk depuis de nombreuses années au sein des groupes, Les Cadavres, Infraktion et €urOshima, m'a accordé une interview sur laquelle
il se livre très généreusement.
Il revient notamment sur 3 décennies de punk et nous parle du nouvel album de Charge 69, qui devrait dit t'il, sortir avant les beaux jours.
(Charge 69)
Site officiel : http://www.charge69.com/
Myspace : http://www.myspace.com/charge69punkrock
Les Cadavres annoncent leur séparation en 1984 et ressurgissent en 1986 grâce à toi. Pourquoi n'avoir pas changé le nom pour vous appeler les Zombies ?
Vérole : C’est si vieux ! Je crois qu’à l’époque on ne savait pas grand-chose en fait. On arrêtait, on s’égueulait, on reprenait. Nos répètes étaient
davantage une excuse à notre alcoolisme qu’un moyen de faire de la zique. De toute façon, même au moment de la reprise en 1986, il ne restait déjà plus que moi du groupe original. On ne savait
pas combien de temps ça allait durer. On ne croyait pas du tout à l’avenir, on savait à peine jouer, on n’avait même pas conscience qu’on vivrait vieux. La vie s’écoulait rapide et violente, sans
aucun contrôle ni compromis. Comme je le dis souvent, nous n’avons aucune ambition ni même pas l’excuse d’être mort jeune.
D'ailleurs qu'est ce qui te pousses à faire durer Les Cadavres, puisqu'en 1996 le groupe se sépare et se reforme encore quelques temps plus tard ?
Vérole : C’est moi qui ai quitté le groupe en 1996. J’avais besoin d’air, on ne se supportait plus. Il valait mieux tout stopper avant de devenir
pathétique. Nous étions comme en représentation permanente, chacun avec son personnage. Plus de motivation ou d’unité. Des tensions, des centaines de kilomètres de camionnette sans échanger un
mot. Il y a toujours un moment où tu remets en question ce que tu es, ou ce que tu essayes de faire. Avec les Cadavres à cette période : la boucle était bouclée. Quoi que l’on fasse, cela aurait
forcément été pire. On suffoquait dans la fumée des jours entre la rage et l’indifférence. Ca semble toujours dur d’arrêter la scène, mais il y a un moment où cela devient vital.
Tu es à donc à l'origine de la reformation des Cadavres, tu viens d'intégrer le groupe Charge 69 au chant, tu es membre du groupe Euroshima, qu'est ce qui te pousse à joué au sein de
plusieurs groupes et donc à être autant présent sur la scène punk ?
Vérole : En fait je ne fais pas autant de groupes.
Actuellement j’ai €urOshima et Charge 69. Les Cadavres ont ressuscité que le temps d’une courte reformation que devait accompagner la réédition des album, mais le sort en a décidé autrement…
Maudits jusqu’au bout. En parallèle j’adore collaborer avec d’autres groupes ou personnes. C’est pour cela qu’on me retrouve aussi sur pas mal de disques de formations amies. Je trouve plutôt
agréable de se multiplier soi même comme autant de personnages qui vont sillonner les routes. Chaque fois, un décor différent, des gens différents, se fondre dans l’action et le mouvement est une
sorte d’ivresse. Je ne fais pas de la musique pour contempler les zéros sur mes relevés Sacem ou pour l’éventualité de rencontrer Drucker. Je ne suis pas carriériste ce qui ne m’empêche pas
d’être professionnel dans ma démarche et de me laisser guider par l’envie. C’est important à une époque où la vie a tendance à ressembler aux prévisions des compagnies d’assurance. Surtout à mon
âge, c’est comme un pied de nez à la mort.

(Les Cadavres)
Est ce que tu as la même motivation au sein de chacun des groupes avec qui tu joues ?
Vérole : Tout à fait. Surtout
que je joue des rôles différents. Un coup au clavier, un coup au chant. De toute façon tu ne peux pas faire vivre un groupe si tu fais ça comme un touriste. Il faut savoir prendre des risques,
s’exposer. Accepter la critique. Même si on sait à l’avance, de par la culture qui nous est imposée en France, que cette musique n’est pas dans le ton si mièvre des médias. Les médias veulent
nous faire croire que c’est le public qui demande le pire ; alors que ce sont eux qui vendent leur soupe abjecte. Car pour vendre il faut être dans le ton pleurnichard des pseudos rebelles à la
guitare sèche qui ont l’impression de dire des choses intéressantes. Comme la majorité des formations issues du Punk, nous avons un message à faire passer. C’est ce qui fait que cette musique
dure encore. Elle est ancrée dans la réalité la plus crue et la plus sombre de la vie. Et plus les moyens se multiplient plus le message sera diffusé, c’est une guerre à coup de décibels.. Le
groupe n’est pas un produit jetable comme les Plasticines ou autre ersatz du même tonneau. Il y a aussi et surtout le facteur humain, car si l’alchimie entre les gens ne prend pas, le groupe est
voué à l’échec. C’est presque comme une histoire d’amour, apprendre à connaître ses limites, rester des heures enfermés dans la même camionnette. Nuits blanches, fatigue, impatience, crise de
nerfs, lendemain de cuite. Car on pense toujours au côté magique, mais faire un groupe c’est aussi et surtout : faire de la route, charger, décharger, ne pas manger ne pas dormir, attendre..
toujours et encore, les balances, l’heure pour jouer, l’heure de rentrer. Et toujours devoir se revoir et se supporter au milieu de toutes les galères.
Comment et quand as tu intégré le groupe Charge 69 ? Et y'a t'il eu réflexion de ta part avant cette intégration
Vérole : C’est encore une histoire d’amitié. On se connaît depuis les années 80. On s’est toujours croisés dans les concerts avec nos différentes formations. Ca fait longtemps que
l’idée de faire un truc ensemble avait germé, comme si c’était inévitable et écrit. On n’a jamais cessé de se voir ! Après toutes ces années, quelques rides certes mais un état d’esprit resté
intact. J’avais déjà enregistré il y a un moment un 45 tours avec Charge, c’était prémonitoire. Laurent, au chant sur leur 2 derniers albums, voulait reprendre la batterie… J’étais dans le coin,
et je me suis dit que 300 Km n’allaient pas être un obstacle suffisant surtout que le nouveau guitariste est aussi de Paris..
Charge 69 est un groupe de punk rock de Lorraine, les Cadavres, un groupe de punk rock parisien....Tu vis sur Paris, comment se passe les répétitions pour Charge 69
?
Vérole : En fait Charge est le groupe de l’autoroute A4 . On est deux de Paris et deux de Metz. Un coup de bagnole et on part
répéter à Metz. Chaque fois qu’on fait route vers la Lorraine on déconnecte d’avec la routine et les chaînes de l’habitude. On a un local, ce qui simplifie les choses. A Paris, il faut payer pour
répéter, comme tout ce que tu fais dans cette ville. On se fait des grosses sessions de 3 jours consécutifs. On enregistre les démos, on écoute, on trie. On a l’album en vue, puis un live.. Puis
encore des nouveaux titres. On a tous été surpris de la vitesse à laquelle on composait. Après ça, on n’entend plus rien, mais on est comme sur un nuage. Et on est très bien là-bas, à bronzer au
bord de la Moselle en buvant de la mirabelle.. Une idyllique image de carte postale.
Le fait d'avoir intégré le groupe signifie t'il aussi que tu dois apprendre tout le répertoire de Charge 69 ?
Vérole
: Pas tout, heureusement.. Sinon je devrais me faire greffer de la mémoire supplémentaire, puisqu’il y a pas mal d’album. On a fait une sélection pour que la set liste, soit un mélange de
nouveaux titres et des standards du groupe. Un équilibre entre notre nouvelle direction que l’on prend et les incontournables. Par contre je tâche d’être fidèle à l’esprit du groupe pour ne pas
dénaturer leurs anciens titres. Je ne veux que ça fasse Vérole + Charge.. On garde l’esprit de groupe. C’est très important, l’image et la cohésion.
Concernant les nouvelles compositions que l'on retrouvera sur le nouvel album, est ce qu'elles ont toutes été écrite avec toi, ou certaines ont t'elles été écrites avant que tu
intègres le groupe ?
Vérole : Pour le nouvel album, il n’y aura que du nouveau. Sans quoi ca ne serait pas un nouvel album. On a
commencé à répéter et l’alchimie s’est rapidement opérée. La motivation est au beau fixe. On part d’un riff, d’une idée vague et on construit ensemble. C’est un fourmillement constant. On a
aujourd’hui une quinzaine de chansons, mais ça ne nous empêche pas de continuer à écrire. Mieux vaut avoir de la matière plutôt que de se sentir limité. C’est toujours le même groupe mais avec un
autre line-up. On a une formation stable, ce qui n’est pas habituel chez Charge. Du coup on fonce, c’est pourquoi le 4 titres s’appelle « Retour au front ».
Le Myspace annonce un son dont on a pas coutume d'entendre en France sur cet album. Tu peux nous en dire plus ?
Vérole : On a enregistré avec Jon Caffery. C’est lui qui a fait entre autre le son de : die Toten Hosen, Magazine, Lkj TV Smith etc… Du coup on a
travaillé totalement différemment pour l’enregistrement. Il y a trop de gens en France qui sous prétexte de faire du son, se contentent de pousser des boutons et de réclamer leur tunes. C’était
presque comme redécouvrir le studio. On a pris beaucoup de plaisir dans cet enregistrement. En plus on était vraiment dans la même culture musicale, avec les mêmes repères ce qui a facilité
grandement le travail. Résultat : un son qui décoiffe et qui donne vachement d’amplitude à la musique. Le résultat fut surprenant. Ce n’est pas habituel pour un groupe indépendant en France
d’avoir un son qui lui plait.

(Vérole avec Les Cadavres)
Alors comment compose Charge 69, qui apporte les textes, et quelles touches personnelles as tu apporté à ce nouvel album de Charge 69 ?
Vérole : Depuis que j’y suis, j’ai fait tous les textes. J’écris tellement. Il suffit de savoir tirer de ce monde sans lumières de quoi alimenter les
ténèbres. Je demande aussi à mes collègues de me trouver des idées ou des sujets qu’ils aimeraient aborder. C’est un bon exercice. Il y a par contre certaines obsessions ou thématiques dont je
n’arrive pas à me débarrasser. Ceux qui me connaissent les retrouveront sans surprise. L’optimisme n’est pas mon fort et ce n’est pas les nouvelles du monde qui me donneront tort. C’est pour cela
que je les trouve comiques, toutes ces personnes qui rechignent mes textes parce que trop noirs. Il suffit d’ouvrir les yeux sur la réalité. Ce n’est pas moi qui ai inventé l’absurdité de
l’époque. Cette chute sans fin qui nous absorbe. Pour la zique, on construit au fil des répètes.
L'enregistrement de l'album est t'il totalement terminé ?
Vérole : L’enregistrement de l’album n’a pas encore démarré. On a d’abord fait un 4 titres, qui marque un peu le retour de
Charge. Et qui annoncera aussi la couleur de l’album. On maquette toujours en ce moment. On garde, on supprime. Mais on fera comme pour le maxi, à savoir enregistrement à Metz et mixage en
Allemagne avec Jon Caffery. Nous ne sommes point pressés, ce n’est pas notre premier disque, on préfère prendre notre temps pour être sûr du résultat. Finalement Charge est un jeune groupe
composé de vétérans. Mais les dates se calent. L’album sortira avant les beaux jours, si les beaux jours reviennent.
Sur le Myspace on trouve le titre "Retour au front", qui sera surement sur l'album. Tu peux nous parler de ce titre...et pourquoi ce titre est t'il sur le Myspace plutôt qu'un autre
?
Vérole : C’est le premier titre qu’on a composé ensemble lors de la première répète. C’est une chanson sur l’alcoolisme, la
solitude, l’échec. Quelqu’un qui se cherche au travers de ses doutes, qui ne rencontre que le réconfort qu’apporte l’alcool. Comme si il n’y avait pas d’issue, parce qu’il n’y a aucun besoin de
trouver une issue. Vivre un présent eternel et sans but. C’est une chute sans fin. Il ne retrouve son courage qu’au fond de la fange la plus infâme, et c’est ce qui va lui donner la force de
briser son verre et de repartir.
Est ce qu'il y a un groupe parmi tous ceux dont tu as été membre, qui tiens en toi une place plus importante ?
Vérole
: Tous tiennent une place importante. Les Cadavres parce que c’est mon premier groupe. J’y ai sacrifié une bonne partie de ma jeunesse ou de ma santé. Comme courir vers un précipice avec des
lunettes noires pour ne pas le voir. Et que de souvenirs comme cet Olympia en 1989 ou le Bataclan quelques années plus tard. Puis Infraktion, qui a été une courte période mais très riche. J’y
étais venu juste pour une tournée car leur chanteur était parti. J’y suis resté comme CDI. Un souvenir ensoleillé de la tournée en Italie, et surtout j’ai été initié au réggae et au ska.
€urOshima, est le groupe dont la musique me ressemble le plus. Depuis le temps que je voulais passer au synthé. C’est un pur produit que nous avons crée avec Lisa et Yann, en balayant tous les
codes ou tous les repères. On a avancé sans aucune référence. Comme une flèche qui s’enfonce au cœur de la culture actuelle où tout doit être paramétré et divertissant. Aucune contrainte .
Actuellement on prépare le second album qui sera encore plus violent et abouti que le premier. Charge 69 enfin, c’est un retour au sources. Un retour au punk rock originel qui a accompagné tant
d’année de ma vie. Et je découvre aussi ce qu’est de faire un groupe en province. Car depuis le temps que je parle de punk rock Messin, il était temps que je m’y mette.

(€uroshima)
D'ailleurs, ressens tu de la nostalgie pour certains groupes dans lesquels tu as officié, ou pour certaines époques de ta vie ?
Vérole : Je n’ai pas de nostalgie ; Je ne regrette rien de mes aventures passées. On peut effectivement regretter de vieillir. Mais dans ce cas
à quoi bon avoir écrit « memento mori » ?. Je regarde très peu en arrière, je ne suis pas nostalgique. Tant de gens aiment à croire que c’était toujours mieux avant. Les choses changent. Ce n’est
pas la souffrance qui change, c’est l’espoir. Disons que le passé m’indiffère, le présent me happe, et le futur m’effraie. Je reste un peu le même au milieu d’un mouvement qui ne m’anime pas.
Quelles différences fais tu entre ton statut de chanteur des Cadavres et celui de chanteur de Charge 69 ?
Vérole : Je
ne fais aucune différence. Je ne suis que le chanteur du groupe. Un groupe c’est le conflit des caractères et des idées entre ses membres. C’est là sa véritable richesse. Je pense qu’au travers
des différents groupes je tâche de rester moi-même, fidèle aux textes que j’écris. Comme je l’avais fait avec Infraktion. J’apporte ma touche, je déverses mes angoisses et mes doutes pour les
mêler à la brutalité de la musique. Je veux à tout prix conserver l’esprit subversif du message, et qu’importe la formation du groupe. On est si peu nombreux dans ce monde à se sentir concerné
par les choses. Du coup, on reste très soudé quand on vit une aventure collective aussi forte que faire un groupe.
Concernant la scène punk en France, à l'heure actuelle, qu'as tu envie de dire à son sujet ?
Vérole : Elle se
maintient, toujours aussi vive et diverse. Les groupes se renouvellent sans cesse. Les moyens changent mais pas la colère. Mais cette scène n’a toujours pas de structure intéressante ou de moyens
réels pour se développer. On la voue à l’étouffement. C’est pourquoi il faut se créer ses propres moyens pour compenser ce vide. Créer des labels, des zines, des assos, continuer l’engagement
pour certaines causes. Comme une grande chaîne qui impose son pied de nez au conformisme ambiant. Car de tout temps, la parole appartient à ceux qui anesthésient et pas à ceux qui éveillent. On
bride les groupes, pour imposer cette sous culture apathique encensée par les Inrocks ou les majors. Comme si le reste ne devait pas ou plus exister. Mais depuis le temps que chaque année on nous
annonce la mort du punk, je crois que les journaleux crèveront avant la dernière épingle à nourrice.
J'ai eu la chance un jour d'avoir un long entretien téléphonique avec Loran des Béru, qui me disait que "le punk est le canal radical du rock"....Tu es d'accord ?
Vérole : Complètement. Cette musique n’est là que pour dénoncer, revendiquer et bousculer tous les poncifs en place. Le punk a été un fabuleux élan
de liberté, malgré sa mort annoncée chaque année depuis 1978 par les journalistes spécialistes du rock, cela reste une des seule scène vivante et encore active. Plein de tabous ont pû être
balayés. Le miroir à paillettes à été brisé pour ne refléter que l’écœurante réalité de notre monde. Il en ressort une effervescence graphique, musicale, politique ainsi qu’une grande diversité
que l’on a jamais retrouvé dans aucun autre mouvement. C’est un mouvement qui a toujours évolué, changé mais en conservant l’urgence de son message. Le punk est un coup de pied dans ce siècle
d’épuisement et de desséchement.
La date de sortie officielle du prochain album de Charge 69 est t'elle connue ?
Vérole : Pas pour l’instant.. mais je
dirais qu’on le prévoit pour 2010. Si l’apocalypse à la politesse de nous attendre.
Avec un son que l'on a jamais entendu, quelle est l'ambition du groupe ?
Vérole : D’abord jouer au maximum, car un
groupe qui ne tourne pas est un groupe mort. Continuer envers et contre tous, sans se soucier du monde ou des modes pour vivre comme on l’a toujours voulu, malgré l’âge, malgré ce monde qui
s’enfonce inexorablement vers le néant, sous les regards complices des spectateurs endormis par les médias. Pour l’instant les premières dates ont rencontré un bon accueil, et on met en place la
suite. C’est excitant car c’est un peu comme recommencer un groupe à zéro. On a tous conservé une âme d’ado. La spontanéité est restée, la révolte, le Diy et surtout l’envie. On veut bien rire
comme le troupeau mais ne pas penser comme lui. Je trouve qu’on est moins blasé ou moins prétentieux que certains groupes qui commencent à peine. Car c’est comme dans le monde du travail, il y a
ceux qui voient la musique comme un ascenseur social. A l’instar de la sous culture, trop de gens veulent être une star avant d’avoir fait autre chose que poser devant sa glace ou s’afficher sur
facebook où ils comptent leurs amis.

(€uroshima)
Actuellement tout le monde dit que c'est de plus en plus difficile de jouer...Avec l'expérience quelle serait la solution, même utopique ?
Vérole : C’est un fait, on est à une période charnière en ce qui concerne la musique. Déjà au niveau des disques qui ne se vendent plus. Et en même
temps c’est paradoxal, car si tu n’as pas fait d’album tu n’existes pas. Par contre grâce au net la musique se diffuse sous une forme plus libre et beaucoup plus rapidement. Il faut donc changer
plein de choses, surtout pour ceux qui comme moi ont démarré avec la glorieuse époque du vinyle ca fait un beau bouleversement. En même temps c’est de plus en plus dur de trouver des endroits
pour jouer. Les lois sur le bruit se sont durcies, et cette histoire de salle non fumeur n’as pas arrangé les choses. Les gens sortent, reviennent, ressortent pendant que le groupe reste sur
scène . Il y a beaucoup d’encadrement pour essayer de légaliser les concerts. Ainsi, on ne devrait plus voir principalement que les mêmes groupes, ceux qui sont bénis par les médias ou qui
rapportent de l’argent. C’est à ça qu’on mesure le succès. Un disque au nombre d’exemplaires vendus, comme un livre ou comme un film au nombre d’entrées en salle. Le côté artistique passe après
le profit. Heureusement que les groupes se multiplient, car il reste toujours beaucoup de luttes à poursuivre.
Les Cadavres, Euroshima, Charge 69...ca t'arrive jamais de ne plus savoir pour quel groupe tu viens chanter ?
Vérole
: J’ai des repères mémo techniques, dans €urOshima on est 3, dans Charge 69 on est 4 et dans les Cadavres on est 5.. Il me suffit de compter mes collègues et je sais avec qui je
suis. Maintenant il faudrait que je fasse un one man band et ce serait parfait pour mon équilibre.
Voilà, si tu as encore deux trois mots, je te laisse le mot de la fin :
Vérole : Il reste encore quelques cris à
pousser. Beaucoup d’indifférence à nettoyer et d’idées reçues à chasser. L’époque est un mélange de musiquette, de soap opéra et de matraques télescopiques. Le neutre et l’indifférence triomphent
sur l’autel des banques. A nous de trouver la force de porter l’huile, là où est le feu.
Je vous invite à écouter le groupe €uroshima avec le clip "Dégouts et des couleurs"